Suite à mon intervention au conseil municipal d’octobre dernier à propos des caméras de vidéo surveillance, Mr Gabriel, adjoint en charge de la sécurité, m’avait proposé de venir visiter les installations de la ville en la matière. J’ai relevé l’invitation c’est ainsi que  je me suis rendu mercredi 5 novembre dans les locaux de la police municipale où j’ai été accueilli par Mr Gabriel et par Mr Roger Frantz, directeur de la police municipale.

Dans le bureau de Mr Frantz une carte de la ville est fixée au mur sur laquelle sont punaisés les emplacements des 80 caméras installées dans la ville. Une caméra mobile est installée ponctuellement sur des emplacements dont la liste a été communiquée à la préfecture. Mr Gabriel m’explique qu’il est prévu d’installer en 2015 4 nouvelles caméras autour du pôle multi-modal notamment pour visionner le parking à vélo qui attire semble-t-il les convoitises. Le coût de maintenance des caméras se montent à 400000 euros par an. En revanche Mr Gabriel refuse de me donner le coût d’investissement pour les 4 caméras qui seront installés autour du pôle multi-modal. Il m’a été dit que leur coût était financé par les droits à construire sur la zone….

Nous montons ensuite dans une salle où 2 agents visionnent un mur d’une trentaine d’écrans où les images défilent sans arrêt. On voit bien sur les films que les prises de vues des habitations sont floutées automatiquement. Tous les visionnages sont conservés numériquement sur des serveurs hébergés par la Police Municipale. Ils sont écrasés informatiquement tous les 14 jours.

Mes interlocuteurs expliquent que la police municipal travaille en étroite collaboration avec la police nationale. Chaque semaine Mr Gabriel préside une réunion où le commissaire de Rueil et Mr Frantz se retrouvent autour de la table.

La police nationale peut également accéder aux fichiers des visionnages et se sont les seuls à pouvoir revoir ces rushs.

Nous abordons évidemment la question de la pertinence de ces caméras vidéos. D’après mes interlocuteurs les caméras ont un intérêt répressif évident puisque de nombreux délinquants ont été arrêtés grâce aux images prises par les caméras. Quant à leur aspect préventif, la question reste entière. J’ai insisté sur la présence humaine sur le terrain par l’intermédiaire d’îlotiers et de médiateurs. L’expérience de Montreuil montre que la présence humaine sur le terrain de policiers-îlotiers et de médiateurs est très efficace en matière de prévention de la délinquance.

Mes interlocuteurs s’en sont défendus mais en ces temps de disette budgétaire, je ne vois pas la ville financer à la fois l’embauche de policiers municipaux / d’Agent de Surveillance de la Voie Publique (ASVP) (1) voire payer la formation de médiateurs bénévoles dans les quartiers et dans le même temps investir lourdement dans des caméras de vidéo surveillance.

Pour nous la priorité en matière de sécurité devrait être donné à la prévention qui est moins coûteuse socialement que la répression. Cela passe par le renforcement de la présence humaine sur le terrain par l’intermédiaire d’ASVP, de policiers municipaux mais également de médiateurs formés et éventuellement indemnisés pour leur action.

Une plus grande présence de policiers/médiateurs sur le terrain aura un caractère préventif beaucoup plus efficace que les caméras, mais elle aura aussi un impact positif sur l’aspect répressif de leur fonction en leur permettant d’intervenir très vite sur les lieux.

Mr Frantz m’explique en partant qu’il a beaucoup de difficultés à recruter des volontaires (indemnisés..) pour faire les sorties d’école…

(1) Il y 50 policiers municipaux et 22 ASVP à Rueil. Les ASVP sont des employés municipaux. Ils ne sont pas armés.

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