Les candidats de Rueil en Vert et pour Tous pour les élections départementales ont inscrit geriatriedans leur programme la création d’une équipe mobile psycho-gériatrique dans le 92. Pourquoi nous proposons une équipe mobile psycho-gériatrique à l’échelle du département ?

L’expérience d’autres départements (01, 87…) montre tout l’intérêt de ce dispositif, soutenu par les Agences Régionales de Santé, les collectivités locales et les mutuelles.

L’équipe mobile est pluridisciplinaire : assistant de service social, infirmier, psychologue, médecin gériatre et psychiatre. Elle est sollicitée par des soignants libéraux ou en institution, par des familles, des travailleurs sociaux. Elle va à la rencontre de personnes âgées vulnérables en situation de détresse psychique : à l’occasion d’intentions suicidaires, de période de confusion, d’agressivité, de profonde dépression. Des membres de l’équipe se rendent au domicile ou en maison de retraite (EPHAD). Après un lien avec la famille, le médecin traitant, éventuellement les professionnels qui accompagnent déjà la personne, l’équipe évalue la situation et propose des actions concrètes dans le contexte de la vie de cette personne.

L’univers de la psychiatrie est souvent pas ou mal connu de la personne âgée, et la démarche de consulter un psy rebute souvent la famille. En se déplaçant, l’équipe facilite le contact et la reconnaissance de la période de crise douloureuse à vivre, ce qui peut éviter des attitudes ou des paroles maltraitantes de l’entourage excédé. Sans remplacer les actions de formation interne dans les EPHAD, l’équipe mobile peut collaborer avec les professionnels de ces établissements pour les sensibiliser au dépistage des attitudes suicidaires, et adapter les prises en charge de patients agressifs. L’équipe peut aider à faire la balance des risques et des bénéfices du maintien à domicile. Elle peut soutenir la famille par des entretiens, ou dans les démarches de protection juridique (différentes formes de tutelle).

L’hospitalisation sera évitée au maximum car elle risque d’aggraver certaines situations de troubles du comportement. Un lien peut se faire avec la coordination gérontologique de la ville pour mettre en place des aides à domicile, la livraison de plateau repas. Parfois c’est l’occasion de rétablir les droits aux prestations sociales telles que la CMU Complémentaire, l’APA ou diverses aides non sollicitées par la personne âgée qui n’osait pas faire de démarche ou qui en ignorait l’existence. Il s’agit de combattre l’isolement, souvent source de dépression, et de trouver le bon dosage entre la volonté de la personne, la réponse à ses besoins, tout en étant vigilant à limiter le nombre d’intervenants. Accompagner sans être trop intrusif. Parfois aider à anticiper une entrée en EPHAD.

En impliquant tous les professionnels des secteurs du soin et du social, en facilitant leur communication, le travail en réseau permet de repérer et d’accompagner les situations de crise et de pré-crise. Ce dispositif permet d’éviter des ruptures de parcours de soins (multiples hospitalisations, nombreux médecins impliqués, mauvais suivis de traitements, épuisement et incompréhension des aidants familiaux ou professionnels..). Or à la longue, ces ruptures ont un impact financier important pour les budgets souvent très limités de ces personnes et pour la collectivité. En améliorant leur confort et en évitant des surcoûts financiers, la vigilance préventive profite aux bénéficiaires âgés mais également à leur entourage et à la collectivité.

Cécile Alavoine-Berthaud